ENSEMBLE à MADAGASCAR

Blog de Bérangère et J-Pierre

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  • LAICITE MALGACHE

    Lundi matin, 06 h 30, le soleil brille déjà depuis 1 h 30,  les portes du  Collège Saint‑Joseph d’Ambohimahasoa à Madagascar s’ouvrent aux élèves qui sont déjà présents depuis une trentaine de minutes.

    07 h 30, un (ou une)  jeune élève gravit les escaliers et invite  les 1 300 élèves vêtus de l’uniforme du collège à se regrouper, à s’aligner, à se mettre en position de  « garde à vous ».

    07 h 35, 3 élèves désigné(e)s le vendredi précédent hissent le drapeau rouge, vert et blanc, drapeau malgache et  les couleurs jaune et blanche du vatican. Un grand silence règne, respectueux puis les hymnes sont repris avec ferveur.

    Ce moment de rassemblement, riche d’un symbolisme, invite à la réflexion.

    Quelle Laïcité ?

    Le mot « laïcité » renvoie, en France, à un principe fondamental oh combien rappelé dans les rangs de l’hémicycle  : la séparation de l’État et des organisations religieuses, la neutralité de l’État, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient les convictions.
    Pourtant, dans le débat français actuel, comme l’a souligné le Secrétaire général de  l’enseignement catholique à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, la question des crucifix dans les écoles sous contrat ou d’un temps de prière en classe est devenue une question vive. L’école catholique, associée à l’État par contrat, semble tiraillée entre identité religieuse et respect étroit du contrat.

    Un autre regard : l’expérience à Ambohimahasoa

    Depuis plusieurs années, au Collège Saint-Joseph d’Ambohimahasoa, la rentrée hebdomadaire propose un rituel peu ordinaire à nos yeux français :

    Le geste collectif marque une communauté éducative ouverte : entre appartenance nationale et foi , entre tradition locale et esprit international. Ça semble être  une forme de laïcité non « réductrice », non fermée, voire inclusive, pour reprendre une expression française.

    Peut-on penser en France à une « laïcité d’ouverture » ?

    Alors que certains posent un dogme strict de la laïcité — quasi : « la religion hors de l’école, les signes religieux bannis, la neutralité absolue » — cette expérience nous invite à une réflexion :  si l’on dépassait ce clivage ?
    L’Ecole St Joseph  semble vivre une tension féconde :

    • En affirmant  une identité (catholique) sans exclure,
    • En honorant une appartenance nationale  tout en respectant l’universel.


    N’est-ce pas une forme de laïcité d’ouverture — non pas un vide religieux ou une neutralité aseptisée — mais un espace où croyants et non-croyants peuvent coexister, partager un rituel de respect, de dialogue, d’appartenance commune ?
    La laïcité, dans cette acception, pourrait devenir non pas un mur entre croyance et non-croyance, mais un pont : un cadre qui protège la liberté de conscience, favorise l’égalité des origines, mais aussi la fraternité. Comme le rappelle une définition trouvée sur le site CANOPE  : « la laïcité est reconnaît et respecte les différences culturelles, spirituelles, religieuses. »

    Invitation à dépasser le dogme

    En France, nous débattons — souvent avec passion — de la place des signes religieux, de la prière à l’école, du respect du contrat d’association,  des valeurs de la République. Ces débats apparaissent  nécessaires, ils sont signes de débat démocratique. Ils montrent, à ce jour,  que le principe n’est pas figé.
    Mais en regardant ce qui se vit à l’étranger — ici, à Madagascar — nous pouvons nous poser cette question : ne peut-on pas vivre la laïcité autrement ? Un peu moins dogmatique, un peu plus relationnelle ?

    • Une laïcité qui n’exclut pas mais invite ;
    • Une laïcité qui ne gomme pas l’identité mais la met en posture de dialogue ;
    • Une laïcité qui n’ostracise pas le religieux, mais le situe dans un cadre partagé, libre.


    Au Collège Saint-Joseph, à Ambohimahasoa, la cérémonie de descente des étendards chaque vendredi à 16 h 00 — moment solennel, collectif — est ce fil que nous voulons tendre entre national et spirituel, entre local et universel.

    L’expérience qui se vit à Ambohimahasoa et dans les écoles catholiques nous suggère que la laïcité  peut aussi être vécue en « mode » éducatif différent — plus incarné, plus engagé dans la communauté, plus symbolique.
    Notre mission à Madagascar ne consiste surtout  pas à exporter un modèle français ; elle consiste à observer, apprendre, mutualiser. À ramener chez nous des idées, des réflexions, des histoires qui ouvrent le débat et enrichissent nos pratiques.
    Nous croyons que l’éducation — catholique ou non — est un lieu de communion des différences, un laboratoire de la fraternité.

    Jean-Pierre & Bérangère
    Mission Madagascar – Collège Saint-Joseph,

    Ambohimahasoa
    « Ensemble à MADAGASCAR. »

    PS : Par collège, il faut entendre « ensemble scolaire »

  • C’est la rentrée !

    Aujourd’hui, après le mot de bienvenue de sœur Emma, directrice de l’établissement ( à droite de Bérangère) accueil chanté et dansé par le millier d’élèves du « collège » St Joseph d’AMBOHIMASAHOA avant une visite de l’établissement du pré scolaire à la classe de 3ème.

  • Jour J… Quel courage !

    Jour J… Quel courage !

    Départ ce jour à 20h30 !

    Remerciements sincères pour les nombreux messages d’encouragement, les prières partagées, les mots d’expression de courage reçus au cours de ces derniers jours .

    Après un dernier temps de célébration à Auteuil ce mardi suivi d’un temps convivial autour d’un repas offert , nous sommes heureux d’embarquer vers Madagascar pour une mission en lien avec la communauté internationale des sœurs de l’Assomption.

    A propos de l’emploi du mot courage, un mot qui résonne aux oreilles, surtout celles de Jean Pierre, de manière assez négative :

     » – Allez, bon courage mon vieux !« , on pourrait y associer  » – T’as pas fini d’en baver ! « 

    Pourquoi cette aversion ?

    ==> Des restes du système scolaire, des souvenirs éducatifs. ..

    ce qu’en dit le Robert(*) confirme cette définition trop peu entrainante

    (*1)Force morale ; fait d’agir malgré les difficultés, énergie dans l’action, dans une entreprise (s’oppose à paresse, laisser-aller).Je n’ai pas le courage de continuer.

    (*2).Fait de ne pas avoir peur ; force devant le danger ou la souffrance (s’oppose à lâcheté, peurbravoure. Combattre avec courage.

    En changeant de paradigme et en prenant celui exprimé par Soeur Marthe, le mot COURAGE prend une toute autre signification en Afrique , il associe la notion de volonté mais surtout celle de la joie dans la Mission confiée.

    Première leçon, sortir de son enveloppe culturelle étroite qui n’est pas celle du « village mondial » dans lequel on vit !

    Donc courage et humilité !

    Citation lue hier au cours du périple parisien :

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  • J-2

    J-2

    Partira? Partira pas ?

    Appartement vidé, mobilier et matériel transférés aux Sables d’Olonne, valises bouclées, voiture vendue, croix des AMAS reçues, « au revoir » aux chtis, aux ligériens et aux basques vécus avec émotion … Dans l’attente de la navette pour le transfert vers ¨Paris pour un dernier salut à la communauté des sœurs de l’Assomption à Auteuil.

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    célébration d’envoi avec la communauté d’Orléans

    Oui, mais quand ?

    La révolte en cours de la Gen Z à TANANARIVE rend incertain l’heure voire la date de départ. Les vols de jour au départ de l’aéroport Charles de Gaulle sont affichés « annulés » mais des vols de nuit apparaissent sur les écrans. Il semblerait que ces vols à destination de MADAGASCAR aient un transit par l’ile de la Réunion.

    Nous sommes prêts. Mais pouvons nous l’être complètement ?

    Des questions demeurent :

    • Pourrons nous répondre aux attentes ?
    • Allons nous nous habituer ?

    Ce dont nous sommes certains, c’est de la qualité de l’accueil de la congrégation. Merci aux sœurs d’Orléans, de Auteuil et de Madagascar.

  • J-27 :  » – Priez et attendez ! » (père Lacordaire)

    Dans moins d’un mois… on devrait y être …malgré quelques zèles de l’ administration française !

    Après un repas partagé avec la communauté orléanaise le 30 août 2025, ce prochain week end, nous vivrons un temps d’ immersion au sein de la communauté des sœurs de la maison mère de l’Assomption PARIS pour aller à la rencontre de l’enseignement de Marie Eugénie, fondatrice, et faire résonner quelques unes de ses convictions :

     » – C’est une folie de ne pas être ce que l’on est avec le plus de plénitude possible ! »

    Adveniat Regnum tuum

    ==> quelques repères pour une prise en compte de l’interculturalité :

    1 projet de volontariat qui se veut itinéraire afin de rencontrer une autre culture qui a sa logique, son histoire.