ENSEMBLE à MADAGASCAR

Blog de Bérangère et J-Pierre

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  • ARYLAB – Miara-manova fijery

    ARYLAB – Miara-manova fijery

    Ensemble, changeons de regard.

    Il existe des voyages dont on rapporte des objets, d’autres dont on rapporte des photographies. Et puis ,il y a ceux qui vous rapportent un regard nouveau qui n’encombre pas les valises.

    Pendant près de 300 jours, nous avons vécu à Madagascar. Nous y sommes venus pour enseigner, former, accompagner. Nous en repartons avec bien plus que cela : des visages, des sourires, des questions, des amitiés… et une profonde gratitude envers nos hôtes au premier rang desquels la congrégation des Soeurs de l’Assomption.

    Chaque photographie publiée est un fragment de cette aventure. Derrière chaque image se cache une histoire : un enfant qui ose prendre la parole en français, une communauté qui ouvre sa porte, une école qui fête son centenaire, un taxi-brousse dans lequel il y a toujours une place supplémentaire possible, un éclat de rire partagé, une poignée de main, un regard qui dit parfois davantage que les mots.

    Ces images ne cherchent pas à raconter notre mission, elles racontent surtout la richesse de la rencontre.

    Nous avons découvert que l’on ne change pas un pays en quelques mois. En revanche, un pays peut profondément changer la manière de regarder le monde.

    Nous espérons que ce reportage photographique vous donnera, à votre tour, l’envie de voyager autrement : avec curiosité, humilité et confiance.

    Et si ces images font naître chez vous une réflexion, une envie de former autrement, de faire grandir l’intelligence collective ou de vivre une expérience inspirante dans votre établissement, votre association ou votre organisation, alors cette aventure continuera bien au-delà de Madagascar.

    C’est précisément l’ambition d’ARYLAB : transformer les expériences vécues en occasions d’apprendre, de relier les personnes et d’ouvrir de nouveaux horizons.

    📸 Le reportage photographique est à télécharger ci-dessous.

    Prenez le temps de le parcourir…et de donner votre avis sur ensembleamadagascar.blog, sur LINKEDIN, sur FACEBOOK…

    Misaotra. Bérangère & Jean Pierre

  • La poubelle et le jeu de dominos.

    La poubelle et le jeu de dominos.

    L’autre jour, en observant la cour du collège, je me suis fait une réflexion.

    Il était 09h30. Les élèves sortaient bruyamment des classes. Ils dévalaient les escaliers, ils couraient, se précipitaient vers les toilettes, achetaient leurs gouters puis certains jouaient au basket, d’autres discutaient. Quelques-uns jetaient leurs papiers dans les nouvelles poubelles jaunes. D’autres les contournaient soigneusement.

    En observant les élèves du collège Saint Joseph AMBOHIMAHASOA utiliser ou non les nouvelles poubelles, je me suis demandé comment naissaient les habitudes collectives. Comment ont-ils appris ce geste de propreté ?

    Pas forcément avec des mots, par l’exemple.

    Dans beaucoup d’organisations, nous aimons parler de projets, de règlements, de stratégies ou de plans d’action. Pourtant, ce qui marque le plus les personnes, ce n’est pas toujours ce qui est écrit dans les documents. C’est ce qu’elles voient vivre au quotidien.

    Chacun de nous a déjà rencontré des responsables qui demandaient l’écoute sans réellement écouter, d’ailleurs, ils n’écoutaient pas la réponse à la question posée. D’autres réclamaient la confiance… tout en contrôlant tout. D’autres encore s’invitaient au dialogue… mais dont chacun savait qu’il valait mieux se taire.

    À l’inverse, nous avons tous eu la chance de croiser des femmes et des hommes qui n’avaient pas besoin de grands discours. Leur simple manière d’être apaisait et donnait envie de s’engager.

    Leur secret ? Ils n’étaient pas devant les autres pour être craints, ils étaient avec les autres pour les faire grandir.

    C’est là que j’ai compris quelque chose d’essentiel :

    Une organisation ressemble souvent davantage à son dirigeant qu’à son projet d’établissement.

    • Le chef arrive en retard…………………. le retard devient acceptable.
    • Le chef critique …………………………… la critique se répand.
    • Le chef encourage ……………………….  l’encouragement circule.
    • Le chef fait confiance …………………..  les initiatives fleurissent.
    • Le chef a peur ………………………………la peur voyage plus vite qu’un courriel.

    Les effets du leadership ressemblent parfois à un jeu  de dominos :

    • Le responsable influence les collaborateurs.
    • Les collaborateurs influencent les jeunes.
    • Les jeunes s’influencent entre eux.

    Et, sans que personne ne s’en aperçoive vraiment, une culture se construit.

    Alors, lorsque je pars à la rencontre d’une nouvelle organisation, je dépasse le stade des apparences. Les murs peuvent être fraîchement peints, les cérémonies parfaitement organisées, les photos magnifiques. Une question demeure :

    Ce qui se voit est-il le reflet de ce qui se vit ?

    Au fond, la différence entre l’autorité et l’autoritarisme tient peut-être en quelques mots.

    • L’une suscite l’engagement vs l’autre obtient la soumission.
    • L’une développe les talents vs l’autre les met sous surveillance.
    • L’une fait grandir, L’autre fait obéir.

    Bien sûr, une organisation ne dépend jamais uniquement de son responsable. Son histoire, sa culture, ses équipes, ses contraintes jouent également un rôle. Mais le leader agit souvent comme un révélateur ou un amplificateur.

    J’aime beaucoup cette image attribuée à Nelson Mandela :

    « Le bon berger reste (souvent)  derrière son troupeau. »

    Il n’a pas besoin d’être au centre de toutes les photos, il veille, il encourage, il ouvre le chemin et il sait parfois s’effacer.

    Finalement, la question n’est peut-être pas :

                          « Quel est le style de leadership développé ? »

    Mais plutôt :

    « Que deviennent les personnes qui vivent sous la responsabilité de ce profil de leader ? »

    La prochaine fois que je traverserai la cour du collège, je regarderai peut-être moins les poubelles que les adultes qui les entourent. Car les enfants apprennent rarement ce que nous leur demandons de faire. Ils apprennent surtout ce qu’ils nous voient vivre.

    ttccoaching – J-Pierre B-

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  • Y’a quelqu’un ?

    Y’a quelqu’un ?

    TANTARA VATO

    Des psy en cailloux .

    A Ambohimahasoa, sur  les Hautes Terres rouges  de Madagascar, vivait une jeune fille nommée Soa. Comme beaucoup d’enfants du village, Soa ne possédait ni poupée, ni jouet sophistiqué. Mais cela ne la rendait pas malheureuse. A chaque récréation, derrière le bureau de la Sœur directrice, à l’abri des regards, elle retrouvait ses amies pour jouer au Tantara vato.

    Dans sa poche de tablier bleu, Soa conservait précieusement ses personnages :

    • une pierre blanche pour la grand-mère,
    • une pierre noire pour le chef du village,
    • une pierre rouge pour sa meilleure amie.

    Lorsqu’elle voulait faire parler ses personnages, elle frappait doucement deux pierres l’une contre l’autre :

    Tac… tacet aussitôt les voix naissaient.

    Un jour, à la récréation du matin, alors que Soa se sentait triste sans trop savoir pourquoi, elle prit les pierres et s’installa seule sur les marches du bâtiment. Elle choisit la pierre rouge.

    Tac… tac

    • Je suis contente aujourd’hui, dit la fillette.

    Soa s’arrêta.

    • Non, murmura-t-elle. Ce n’est pas vrai.

    Elle recommença.

    Tac… tac

    • Je suis triste aujourd’hui, puis elle prit la pierre blanche.

    Tac… tac…

    • Pourquoi es-tu triste, mon enfant ?

    Soa réfléchit.

    • Parce que personne ne m’écoute.

    La pierre blanche répondit :

    • Es-tu certaine ? Ou bien n’as-tu pas encore trouvé les mots ?

    La petite fille resta silencieuse. A la récréation de l’après-midi, elle revint.

    Cette fois, elle prit la pierre noire.

    Tac… tac…

    • Que fais-tu quand ton cœur est lourd ? demanda la fillette rouge.

    Tac… tac…

    • Je parle à quelqu’un de confiance.
    •  Et si personne n’est disponible ?
    •  Alors je parle aux pierres jusqu’à ce que mes pensées deviennent claires.

    Soa sourit. Elle avait l’impression que les pierres lui répondaient vraiment. Les jours passèrent.

    Chaque jour, elle inventait des histoires.

    Parfois la fillette rouge se mettait en colère.

    Parfois la grand-mère demandait pardon.

    Parfois le sage avouait qu’il ne savait pas tout.

    À travers ses personnages, Soa racontait ses peurs, ses rêves, ses joies et ses déceptions. Sans le savoir, elle apprenait à s’écouter.

    Un soir, sa mère, Soa ne rentra pas après la classe. Sa maman  la trouva sous un énorme baobab.

    • À qui parles-tu ?

    Soa montra ses pierres.

    •  À elles.

    Sa mère éclata de rire.

    •  Et que te disent-ils ?

    La jeune fille réfléchit puis répondit :

    •  En réalité, ils m’aident à entendre ce que je pense déjà.

    Sa mère s’assit à côté d’elle.

    •  Alors ce ne sont pas les pierres qui sont magiques.
    • Non.
    • C’est ton imagination ?
    • Pas seulement.
    • Alors quoi ?

    Soa regarda ses petits cailloux alignés devant elle.

    • Quand une pierre parle, personne ne se moque d’elle. Alors chacun peut dire la vérité.

    Sa mère resta un moment silencieuse. Puis, elle prit une petite pierre et la fit tinter contre une autre.

    Tac… tac…

    • Puis-je jouer avec toi ?

    Soa sourit.

    • Bien sûr.

    Avec les pierres, les disputes trouvent souvent une solution, les chagrins deviennent plus légers, les rêves, plus grands.

    Et les anciens disaient parfois en souriant :

    « Les pierres ne guérissent pas les cœurs, elles leur donnent simplement la parole. »

  • Se former pour transformer !

    Quand la formation devient une aventure collective internationale

    Comment former autrement ?

    Comment transmettre sans se contenter de parler ?

    Comment permettre à chacun de devenir acteur de sa propre transformation ?

    avec « ensembleamadagascar », nous sommes convaincus qu’une formation réussie ne se résume pas à une succession de diapositives ou d’apports théoriques. Elle doit être vécue, ressentie et expérimentée.

    C’est dans cet esprit que Bérangère et Jean-Pierre ont récemment animé une session de formation au noviciat de Fianarantsoa.

    Pour relever ce défi, avec l’aide de Soeur Louisette, maîtresse des Novices, nous avons mobilisé trois leviers puissants :

    🎨 La facilitation graphique, pour rendre visibles les idées au-delà des langues, les liens et les prises de conscience.

    🎵 La musique, pour créer une dynamique, favoriser l’expression et mobiliser les émotions.

    💡 Le Design Thinking, pour placer les participants au cœur de la réflexion et construire des solutions adaptées à leur réalité.

    Au fil des échanges et prenant appui sur les 4 pieds de l’écologie intégrale du Pape François, les murs se sont couverts de dessins, de symboles, de mots-clés et de questions essentielles :

    • Ma relation à moi-même ;
    • Ma relation aux autres ;
    • Ma relation à Dieu ;
    • Ma relation à la création.

    Peu à peu, la formation est devenue un espace de créativité, d’écoute et d’engagement.

    Les participants n’ont pas seulement reçu des contenus.

    Ils ont réfléchi, partagé, expérimenté, construit et imaginé.

    Car former, ce n’est pas remplir un vase, c’est aider chacun à découvrir les ressources déjà présentes en lui.

    Chez ttccoaching, nous accompagnons les établissements scolaires, congrégations, associations et organisations qui souhaitent développer :

    ✅ l’intelligence collective ;

    ✅ l’autonomie et la responsabilité ;

    ✅ la coopération ;

    ✅ la créativité ;

    ✅ l’engagement des équipes ;

    ✅ une pédagogie active et porteuse de sens.

    La transformation commence souvent par une simple question :

    Et si nous apprenions autrement ?

    Jean-Pierre Bonnet – ttc coaching

  • Avant hier, aujourd’hui, après demain …

    Avant hier, aujourd’hui, après demain …

    100 ans d’éducation à Ambohimahasoa

    Du 28 au 30 mai 2026, le Collège Saint Joseph d’Ambohimahasoa a célébré son centenaire. Trois jours de fête, de mémoire, de foi et d’espérance pour rendre hommage à celles et ceux qui ont construit cette œuvre éducative depuis 1926. Entre célébrations, témoignages, danses locales , rencontres et regards tournés vers les générations futures, retour sur un événement exceptionnel.

    Un siècle d’histoire ne se résume pas à quelques dates. Il se lit dans les visages des élèves, dans l’engagement des Sœurs de l’Assomption, dans les souvenirs des anciens et dans l’espérance portée par toute une communauté éducative.

    Découvrez également la vidéo de l’ouverture du centenaire :
    https://www.youtube.com/watch?v=5DS1cND1zY

  • Joyeux anniversaire

    Joyeux anniversaire

    En France comme à Madagascar, les fins d’année scolaire riment avec fêtes.

    À quelques jours du grand week-end du centenaire du collège Saint Joseph d’AMBOHIMAHASOA, l’établissement se prépare à vivre un moment exceptionnel de mémoire, de gratitude et de joie partagée.

    Comme en France, les mois de mai et de juin à Madagascar sont souvent synonymes de célébrations : spectacles de danse, remises de diplômes, anniversaires, rassemblements d’anciens élèves, chants, retrouvailles et émotions. Mais ici, à Saint Joseph, cette fête prend une dimension toute particulière : celle de cent années d’éducation, de transmission et d’espérance.

    Les panneaux photographiques réalisés pour l’exposition retracent une véritable aventure humaine : les premiers missionnaires, les religieuses directrices au fil des générations, les anciennes classes, les grands rassemblements, les portraits d’élèves d’hier et d’aujourd’hui, les activités pédagogiques mais aussi les engagements pour l’environnement et la vie collective.

    À travers ces visages, ces uniformes, ces sourires et ces souvenirs, c’est toute une histoire qui se raconte : celle d’un collège de la congrégation des Sœurs de l’Assomption  profondément enraciné dans la vie d’AMBOHIMAHASOA.

    Ces photographies rappellent une évidence : l’école ne transmet pas seulement des savoirs. Elle construit des liens, des souvenirs, une identité et parfois même une famille.

  • L’enfant du Ciel !

    L’enfant du Ciel !

    VALIMBAVAKA = récompense (VALIM) et prière (VAVAKA)

    De retour d’un périple de plus de 600 km de TULEAR, ville en bordure du canal de MOZAMBIQUE, à AMBOHIMAHASOA, ville des Hauts Plateaux, il attend. Il est assis à la droite du portail. Il joue avec ses claquettes.

    Valimbavaka, cinq ans, et déjà mille vies.

    Il a cinq ans, il est en classe de 12 ème.
    Cinq années seulement, un peu du poids d’un monde sur ses épaules et une envie folle de rire, jouer, grimacer.

    Autour de lui, quelques adultes restent debout  : sa maman, ses grandes sœurs, les Sœurs…

    Le matin, dès 07h00, en ce début de saison hivernale, la brume épaisse s’accroche encore aux collines d’Ambohimahasoa. Les herbes sont humides, la terre respire, les coqs chantent. Valimbavaka marche sur le chemin de terre rouge qui longe les rizières. Il avance, seul, pas toujours propre, avec cette détermination tranquille des enfants qui ne se posent pas de questions.

    Au bout du chemin, il y a l’école Saint-Joseph.
    En cours de chemin, il y a « Madame Bérangère ».

    MORA, MORA

    L’enfant qui prend son temps …

    Valimbavaka est scolarisé à l’école St Joseph.

    Il est réservé quand il y a du monde, comme s’il observait avant d’entrer en scène. Mais quand  le cours commence, il participe. Il lève la main. Il essaie. Il ose.

    Il est même un peu têtu. Il refuse, très souvent, de répondre aux questions des Sœurs.

    Chaque matin, du haut du tabouret qu’il a placé devant la fenêtre, il pointe son bout de nez  à la fenêtre de la salle où Mme Bérangère prend le petit déjeuner et lance un discret  « bonjour – merci »

    Et puis la fenêtre s’ouvre, son visage s’illumine.

    Ce n’est pas seulement un goûter qu’il vient chercher. Il offre son cartable, Madame Bérangère y dépose un goûter après lui avoir demandé de montrer  ses mains propres.
    C’est une attention, une présence, une reconnaissance, dans un monde où tout manque, cela vaut beaucoup.

    Une maison au bord de la fragilité

    Valimbavaka est le dernier enfant, et le seul garçon, d’une fratrie de cinq.
    La maison familiale, propriété de la paroisse, est posée au bord des rizières, fragile comme un souffle.

    Son père boit. Les jours où l’alcool parle à sa place, les mots deviennent durs. Parfois les gestes aussi. La mère encaisse, protège, tient debout. Elle travaille comme elle peut : petits travaux au service de la communauté , petits revenus, grande dignité.

    C’est elle qui porte la famille.
    C’est elle qui maintient la lumière.

    Apprendre… malgré tout

    À l’école, Valimbavaka apprend.

    Les classes sont pleines. Trop pleines… plus de 60 élèves !
    Les bureaux sont abimés, les cahiers sont rares. Les livres encore plus.
    Les mots français flottent dans l’air, mais ne trouvent pas toujours où se poser.

    Et pourtant, il s’accroche.

    Parce qu’il a compris une chose essentielle, sans qu’on lui explique :
    l’école est peut-être la seule porte.

    Mais une porte vers quoi ?


    Quel avenir pour Valimbavaka ?

    Dans un pays respectueusement qualifié dans nos livres de géographie des années 80 « en voie de développement » où :

    • l’école peine à tenir ses promesses,
    • la pauvreté enferme autant qu’elle fatigue,
    • la corruption détourne les chemins,

    Quel avenir peut-on dessiner pour tous les Valimbavaka ?

    Madagascar est un pays de résistances, de résilience, de solidarités familiales et d’intelligences incroyablement vivantes, et malgré tout, la réponse est brutale : statistiquement, peu de chances.

    Il pourrait quitter l’école trop tôt, rejoindre les champs, subir à son tour les fragilités d’un monde qu’il n’a pas choisi. »

    Et pourtant…

    Dans une vie où il manque presque tout, Valimbavaka a déjà appris à donner :

    • une chaise pour accueillir Madame Bérangère dans la classe chaque mardi matin
    • des kakis, des citrons cueillis sur les arbres, des gâteaux  en remerciements des bonbons offerts

    Ce que les statistiques ne disent pas

    Elles ne disent pas :

    • le regard de Valimbavaka quand il comprend un mot,
    • son sourire quand il reçoit son goûter,
    • sa fidélité chaque matin,
    • sa capacité à aimer,
    • sa volonté d’apprendre le dimanche en utilisant les jeux reçus de ses amis Français invisibles
    • sa place à côté de Madame Bérangère durant les messes dominicales de 2h30.

    Elles ne disent pas non plus l’impact d’une seule personne, d’un adulte qui croit en lui, d’un geste répété, d’un lien tissé jour après jour.


    Là où tout peut basculer

    Peut-être que l’avenir de Valimbavaka ne dépend pas d’un système, ni même d’un pays.

    Peut-être qu’il dépend de rencontres, d’une école qui tient bon, d’une femme qui accueille chaque matin, des sœurs qui partagent des valeurs éducatives, d’un regard qui dit : tu comptes pour moi.

    Parce qu’un enfant à qui l’on donne une place peut, un jour, trouver sa voie.


    Une question pour chacun de nous

    A cinq ans, il ne connaît ni les statistiques, ni les limites, ni les fatalités. Il avance chaque matin.

    La vraie question n’est peut-être pas « Quel avenir pour Valimbavaka à Madagascar ? »

    Mais plutôt :  Quel avenir voulons-nous rendre possible pour tous ces enfants ?

    Un avenir qui ne sera possible que lorsque le système éducatif sera davantage structuré : des enseignants davantage formés, une corruption maîtrisée, des classes à effectifs moindres…

    Que fera son pays pour lui ?

    Depuis  la présence des premiers missionnaires, l’Église catholique a compris l’importance de l’enjeu éducatif à Madagascar. Nombreuses sont les écoles privées catholiques, et plus particulièrement celles des congrégations religieuses, qui apportent une réponse éducative. Mais, la question n’est pas qu’éducative, elle est aussi politique.

    👉 Combien d’enfants comme lui faudra-t-il encore pour que l’on comprenne que l’avenir de Madagascar ne se joue pas demain… mais aujourd’hui, dans ses salles de classe ?

    👉 « Combien d’enfants comme Valimbavaka devront encore marcher seuls sur les chemins rouges avant que l’éducation devienne une priorité ? »

    Un pays se construit sur ses ressources, Madagascar en a de nombreuses : saphirs, flore, élevage, culture… Un pays  se révèle dans la manière dont il protège et élève ses enfants.

    Les enfants sont prêts.

    Madagascar l’est-il ?

    « Demain matin, dès le lever du soleil, VALIMBAVAKA reprendra le chemin de terre rouge.
    Son cartable sur le dos.
    Ses claquettes aux pieds.
    Et cette question silencieuse dans les yeux :
    le monde lui laissera-t-il une place ? »

    Bérangère et Jean-Pierre

    ensembleamadagascar.blog

  • Sœur Célestine :

    Sœur Célestine :

    la discrète force d’une éducatrice de l’Assomption

    Nous ne croiserons plus sa silhouette discrète dans les couloirs de la communauté Saint Joseph d’Ambohimahasoa. Nous n’entendrons plus sa question « quoi de neuf ? » lancée du comptoir de son magasin à l’entrée de la communauté. Les élèves du collège Saint Joseph ne lui y achèteront plus de friandises , les fidèles ne la verront plus assise derrière nous lors de la messe dominicale, les communautés éducatives ne croiseront plus son sourire discret. Sa place au fond à droite de la chapelle de la communauté ne lui sera plus réservée. Cette femme profondément croyante, fidèle à la prière et à la vie communautaire malgré l’épreuve était un exemple.

    Il est des personnes qui marquent une communauté sans bruit. Des personnes discrètes, fragiles parfois, mais profondément présentes. Sœur Célestine faisait partie de celles-là. Sœur Célestine continue toujours de vivre dans la mémoire de toute une communauté.

    La Province de Madagascar des Religieuses de l’Assomption et sa famille sont aujourd’hui en deuil après le décès de

    Sœur RAZAFINDRATOMPO Célestine du Sacré-Cœur de Jésus, survenu le 11 mai 2026 à l’âge de 72 ans, après 47 années de vie religieuse.

    Durant sa vie consacrée, Sœur Célestine a répondu à plusieurs appels , notamment celle de directrice d’établissement scolaire, parmi lesquelles le collège Saint Joseph à Ambohimahasoa. Lors du dernier « espace rencontre communautaire » , elle disait avec conviction avoir été « une éducatrice sévère mais juste ».

    Lorsque nous avons rencontré Sœur Célestine durant notre mission à Madagascar, elle portait déjà les lourdes séquelles d’un grave accident survenu à Tananarive. Renversée par une voiture, elle était restée inconsciente plusieurs jours. Son corps avait été profondément touché. La marche devenait de plus en plus difficile, lente, hésitante. L’autonomie physique diminuait peu à peu, l’indépendance intellectuelle demeurait.

    Malgré le handicap, malgré la fatigue, malgré les douleurs silencieuses, Sœur Célestine répondait toujours présente :

    – Présente lors des fêtes communautaires du Nouvel An.
    – Présente durant les « Espaces de Rencontre » organisés chaque mardi soir avec les sœurs de la communauté Saint Joseph autour de la question éducative : vouloir former des personnes debout !
    – Présente pour partager son regard, son expérience, sa sagesse.

    Entre deux quintes de toux, la parole devenait difficile, chacun tendait l’oreille car ses mots portaient encore une profonde vérité.

    Sainte Marie Eugénie, fondatrice des Religieuses de l’Assomption, dit :

    « Chacun a une mission sur la Terre. »

    Cette mission, Sœur Célestine l’a accomplie jusqu’au bout, avec discrétion, avec fidélité, avec courage.

    Nous garderons en mémoire cette frêle silhouette dans les couloirs de la communauté. Sa démarche devenait de plus en plus prudente, mais elle avançait encore. Elle avançait toujours.

    De là-haut, elle ne manquera pas de veiller sur les 100 ans du collège dont elle a été un pilier.

    Mais, comme l’a dit Sœur Aline, supérieure de la communauté :

    « Elle est maintenant dans la communauté du Ciel. »

    Cette phrase résume peut-être tout. Car Sœur Célestine aura vécu une vie donnée ,une vie offerte aux jeunes, à l’éducation, à la communauté, à Dieu. Misaotra « ma Sœura » .

    « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

    Cette parole de Saint Jean a été le fil rouge de son existence.

    Aujourd’hui, la communauté Saint Joseph d’Ambohimahasoa, les Religieuses de l’Assomption, les anciens élèves, la Paroisse du Sacré Cœur, le mouvement « ASSOMPTION ENSEMBLE », les éducateurs et tous ceux qui l’ont connue rendent grâce pour cette présence humble et fidèle.

    Sa vie continuera longtemps à parler dans le cœur de ceux que vous avez aidés à devenir des femmes et des hommes debout.

    Bérangère et moi n’oublierons pas le trajet « TULEAR – AMBOHIMAHASOA » du 11 mai 2026. Mais surtout, nous n’oublierons pas une femme qui, malgré l’épreuve, malgré la fragilité du corps, continuait encore à être présente, à écouter, à croire en l’éducation et en l’humain.

    Une vie qui continuera longtemps à nous éclairer ainsi que ceux que vous avez aidés à devenir des femmes et des hommes debout.

  • Bouteille à la mer !

    Bouteille à la mer !

     “Chaque année, 8 à 12  millions de tonnes de plastique finissent dans les océans. Une simple bouteille en plastique  mettra environ près de 450 ans à disparaître.

    Il y a des images qui frappent.
    Celles des collines rouges de Madagascar que l’on reboise avec courage. Et puis il y a celles, plus discrètes, mais tout aussi violentes : un sachet plastique accroché à une branche, une bouteille en bordure d’océan, des emballages colorés qui serpentent entre les rizières, des murs de plastique.

    Ici, à MADAGASCAR, comme ailleurs,  les deux réalités coexistent : on plante,  on pollue.


    Un pays qui replante… mais qui s’encombre

    Madagascar s’engage.
    Des campagnes de reboisement voient le jour, portées par les écoles, les associations, les villages, les paroisses, l’Etat. On replante les eucalyptus que l’on a détruits  pour en faire du charbon de bois. On espère réparer. Mais pendant ce temps, le plastique s’installe, silencieusement, durablement, implacablement.


    Le plastique, ennemi invisible du vivant

    Il est partout. Dans les chemins, dans les forêts, en bordure des maisons, souvent dans l’océan, dans la cour de récréation. Contrairement à l’arbre qui pousse, le plastique, lui, ne disparaît pas. Il s’accumule, il s’infiltre, il modifie durablement la chaine alimentaire, il abîme sans bruit.

    Le plus délicat, c’est que des élèves le brûlent  et inhalent des produits toxiques… C’est peut-être là le plus grand danger.


    Les enfants regardent… et reproduisent

    À l’école, les enfants apprennent à lire, à écrire mais aussi à observer. Ils voient les adultes jeter, alors ils jettent. Non par négligence, mais parce que c’est la norme.

    Et si le véritable enjeu était là ?

    Non pas seulement planter des arbres mais planter une autre manière de vivre.


    Et si le déchet devenait ressource ?

    Et si ce plastique n’était plus seulement un problème mais une opportunité ?

    Nous découvrons des initiatives :

    • des sacs tressés à partir d’emballages,
    • des objets du quotidien recréés à partir de ce que l’on jetait.
    • Des jouets  créés par recyclage de boites de conserves

    Ce qui était inutile devient utile. Ce qui polluait devient matériau.

    Un combat culturel, avant tout

    Planter un arbre est un acte visible. Ramasser un plastique est un acte discret.

    Mais changer une habitude est un acte profond. C’est un acte éducatif

    Il ne suffit pas d’agir une fois. Il faut répéter, montrer, encourager, créer d’autres normes.

    Un appel

    Aux enfants,
    Aux enseignants,
    Aux familles,
    Aux autorités…

    Le reboisement est essentiel et  la gestion des déchets l’est tout autant. Ne choisissons pas entre les deux, faisons les deux.

     Et « ensembleamadagascar », dans tout cela ?

    À notre petite échelle, ici à Ambohimahasoa,
    nous essayons d’éveiller, d’agir, de transmettre.

    Parce qu’au fond, la question est simple :

    👉 Quel monde voulons-nous laisser aux enfants… si celui que nous leur montrons est déjà abîmé ?


    ✍️ Chronique de jours ordinaires pour une mission extraordinaire
    📍 Ambohimahasoa – Madagascar
    🔗 ensembleamadagascar.blog

    👉 “Un arbre planté aujourd’hui donnera de l’ombre et de l’eau demain. Mais, un plastique jeté aujourd’hui empoisonne déjà l’air que respirent les enfants.”