ENSEMBLE à MADAGASCAR

Blog de Bérangère et J-Pierre

Catégorie : Non classé

  • A la rencontre des élèves en France

    A la rencontre des élèves en France

    « ensembleamadagascar » continue… en France !

    Revenus de Madagascar, nous poursuivons la belle aventure des liens tissés autour du projet « Une école pour Majorivo ».

    Durant la semaine du 12 octobre, nous avons retrouvé les élèves du lycée Saint-Charles à Orléans, des collèges Saint-Grégoire à Pithiviers et de La Croix Saint-Marceau à Orléans, ainsi que ceux  des écoles Notre-Dame à Issoudun et à Chitenay.

    Des rencontres chaleureuses, de nombreuses questions et une belle curiosité ! Ces échanges nous ont permis de partager notre quotidien à Madagascar, de parler de l’école, des différences de vie et de ce qui nous rapproche. Certaines questions nous accompagnent encore : « Sommes-nous plus heureux en croyant en Dieu ? »

    De quoi poursuivre ensemble la réflexion, bien au-delà du voyage…

    La présentation de la mission aux élèves des écoles primaires a été faite par nos amis : VALBAV, DINA, ALINE et SOA. … Quelle aventure ! (prenez le temps de regarder la publication suivante et racontez là à vos enfants et petits enfants)

    Cette semaine fut aussi celle des retrouvailles et de l’hospitalité. Merci aux religieuses de la communauté de l’Assomption à Orléans pour leur accueil. Nous avons également eu le plaisir de loger chez Anne et Patrice qui ont permis  l’acheminement du container d’Orléans à Tamatave, avec le soutien de TRANSPORAP. Derrière les dons qui arrivent à Madagascar, il y a tant de mains, de temps offert et de générosité !

    Le projet « Une école pour Majorivo » se poursuit. Avec l’aide du conseil général de la congrégation de l’ASSOMPTION, la cagnotte s’évalue à ce jour à 17 000 € soit 86 700 000,00 Ariary.

    Merci-Misaotra aux élèves, aux équipes éducatives et à tous ceux qui font vivre cette solidarité.

    La mission continue aussi ici, dans ces rencontres qui entretiennent le lien entre la France et Madagascar.

    Bérangère et Jean-Pierre

  • A MADAGASCAR : regarder autrement !

    A MADAGASCAR : regarder autrement !

    A MAURICE : regarder où nous mettons les pieds !

    A LA REUNION : regarder où sont les médecins.

    Nous étions partis nous refaire une santé, c’était l’idée !

    Un projet simple, raisonnable, presque médicalement recommandé : après neuf mois à Madagascar, quelques milliers de kilomètres sur des routes parfois créatives, une année scolaire bien remplie et une dernière descente de la très chère RN7, nous allions prendre deux mois pour récupérer : repos, soleil, baignades, apéro. Un peu de sport pour Jean Pierre et beaucoup de fruits pour Bérangère.

    Bref, pour revenir en France métropolitaine le 26 août frais, dispos et pleins de souvenirs à partager. C’était sans compter sur Bérangère et sur un trou.

    ———————————————————————–

    19 juin : « Veloma Ambohimahasoa ! »

    Le 19 juin 2026, nous quittions en 4×4 la communauté Saint-Joseph d’Ambohimahasoa et les Sœurs de l’Assomption pour nos derniers kilomètres sur la N7, pas celle de la route des vacances en France. Nous nous séparons en promettant  de nous retrouver.

    Après neuf mois à Madagascar, nous étions devenus parfaitement adaptés : un nid-de-poule ne nous faisait plus ralentir, une coupure d’électricité ne provoquait plus aucune émotion et la citation de Marie Eugénie « C’est Dieu qui conduit tout ! » avait pris chez nous une grande profondeur.

    Direction Fianarantsoa pour 2 nuits, puis Tananarivo avant d’embarquer pour un premier vol à destination de NOSY BE.

    À ce stade, nous avions davantage de cartes d’embarquement que de chaussures en bon état à nous mettre.

    Le programme était magnifique : Nosy Be, Maurice, La Réunion, avant le grand retour vers ce que les Réunionnais préfèrent appeler «l’Hexagone » plutôt que la métropole.

    ———————————————————————–

    Maurice : et soudain… PATATRAS !

    Arrivée à l’aéroport de Maurice de nuit.

    La ville de Trou-aux-Biches, au  nom prédestiné, nous attend.

    La mer turquoise nous attend, les poissons nous attendent, le transat aussi.

    Mais avant tout cela… un trou attend Bérangère.

    Quelques minutes après notre arrivée sur notre lieu d’hébergement, dans l’obscurité, les fameuses valises à la main, un pied au mauvais endroit. Et là, patatras.

    Diagnostic de « coach   J-P.» : ça n’a pas l’air terrible, ça va passer avec des bains d’eau de mer. C’est ce que disait « pépé ». Le vrai diagnostic sera un peu moins optimiste : entorse sévère avec double rupture ligamentaire.

    Bérangère au repos et Jean-Pierre au petit soin, au moins au début… puis : course à pied, snorkeling, exploration du lagon, poissons multicolores, tortues, parcs animaliers, crocodiles.

    Nous avons également croisé une tortue géante dont la vitesse de déplacement était, reconnaissons-le, assez proche de celle de Bérangère avec sa botte.

    Maurice : quelques détours par l’hindouisme

    Notre séjour fut aussi l’occasion de découvrir davantage la culture hindoue, ses temples, ses rites et ses représentations. Après dix mois dans un pays où la foi chrétienne avait accompagné une grande partie de notre quotidien, changement de décor : Shiva, Ganesh, Hanuman, Vishnu…

    Des couleurs éclatantes, des fleurs, des offrandes, des statues, des parfums, des gestes dont nous ne comprenions pas toujours immédiatement la signification. Mais toujours cette même conviction qui nous accompagne depuis notre départ de France :

    voyager, c’est aussi accepter de ne pas tout comprendre.

    Regarder, écouter, questionner (surtout Jean Pierre).

    Puis La Réunion : deuxième étape de notre cure thermale sans thermes

    Saint-Gilles-les-Bains, l’Hermitage, studio au Mont Roquefeuille avec vue sur l’océan Indien qui ne nous quitte plus. Et un objectif inchangé : nous refaire une santé avec l’apparition d’un nouvel accessoire indispensable à la garde-robe tropicale 2026 :

    la botte orthopédique rigide, très tendance, particulièrement seyante avec une robe couleur turquoise pais peu pratique pour le snorkeling dans un océan aux forts courants.

    Nous avons d’ailleurs rapidement constaté qu’une botte orthopédique présente un défaut majeur : elle propulse  beaucoup moins bien qu’une palme.

    Notre séjour destiné à « nous refaire une santé » venait donc officiellement de commencer.

    Puisque Bérangère avait inauguré le parcours médical, nous avons décidé de faire les choses sérieusement pour chacun de nous : check-up post-Madagascar : prises de sang, analyse d’urine, consultations, kinésithérapie… et coiffeur (pour Bérangère)  !

    Et là, une question nous est revenue : Mais où sont passés tous les médecins de la région Centre-Val de Loire ? Nous les avons retrouvés, ils sont à La Réunion.

    Bon… scientifiquement, c’est légèrement exagéré. Mais seulement légèrement !

    L’ARS de La Réunion souligne elle-même l’attractivité de l’île pour les professionnels de santé. Elle comptabilise notamment 145 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 133 en métropole. Et du côté des professions paramédicales, l’écart devient spectaculaire : 464 professionnels pour 100 000 habitants contre 305 en France entière.

    Conclusion de notre étude scientifique expresse menée depuis notre PC : si vous cherchez un généraliste, un kiné et le soleil en même temps, La Réunion mérite réflexion, parlez-en à votre médecin traitant si vous en avez un/une !

    Et si vous êtes médecin et que vous lisez cet article… restez quand même en métropole, on a besoin de vous.

    ———————————————————————–

    Le Maïdo : « Regardez vite ! »

    Impossible évidemment de séjourner à La Réunion sans prendre de la hauteur : direction le Maïdo.

    Le principe est simple : vous montez (en voiture), vous admirez, un nuage arrive, vous ne voyez plus rien, le nuage repart, vous vous précipitez sur l’appareil photo, un autre nuage arrive.

    La montagne réunionnaise nous a ainsi offert une remarquable formation accélérée à la gestion de l’incertitude. Une compétence très utile en management de projet. ARYLAB valide.

    Et lorsqu’entre deux nuages le cirque se dévoile enfin…Silence. Cette fois, même pas de blague.

    C’est immense !

    Et puis il y a les rencontres…

    Parce qu’un voyage ne se résume jamais aux paysages.

    Nous avons retrouvé Philippe et Marie-Christine, directeur diocésain du lieu et son épouse, que JP avait déjà rencontré dans les formations UGSEL, puis RDV avec  Claire, expatriée ligérienne. On parle de La Réunion, de Madagascar, d’éducation, de nos expériences respectives, de l’avenir, de l’hexagone. Et, curieusement, après quelques mois loin de France, les conversations prennent une autre couleur.

    Peut-être parce que nous avons changé de regard.

    Peut-être aussi parce qu’elles sont parfois accompagnées d’un rhum arrangé.

    Rhum arrangé, cari et médecine préventive

    Car il serait malhonnête de réduire notre séjour réunionnais aux analyses médicales. Nous avons aussi étudié très sérieusement la gastronomie locale : le cari, le riz, les épices, les fruits après un  MAC D.  de PORT LOUIS.

    Et donc, avec modération évidemment, le rhum arrangé.

    Nous ne savons pas encore si celui-ci apparaît dans les recommandations officielles du ministère de la Santé.

    Nous avions dit : « Après Madagascar, on coupe. » « On se repose. » « Deux mois sans penser à l’éducation. », très bonne résolution. Elle aura presque tenu.

    Car ce samedi 22 août, quelques jours seulement avant notre retour, nous avons participé à la messe de rentrée de l’Enseignement catholique de La Réunion présidé par Mgr CHANE TENG qui a appuyé son homélie sur les axes de l’EC diocésain : « Prophète dan nout’peï » et le livre d’Etienne GRENET « DIEU AGIT ». Certains visitent les musées. D’autres collectionnent les plages. Nous, manifestement, nous rencontrons l’EC. Chacun son tourisme.

    26 août : cap sur l’Hexagone

    Et voilà.

    Le 26 août prochain, après demain, sauf intervention d’un cyclone, d’un ligament, d’un trou mal placé ou d’une compagnie aérienne créative, nous reprendrons l’avion.

    Direction la France métropolitaine, pardon, l’hexagone.

    Nous étions partis il y a près d’un an avec des valises pleines de projets.  Nous revenons avec quelques kilos supplémentaires de souvenirs, des milliers de photos, des rencontres impossibles à comptabiliser, une botte orthopédique, probablement quelques grains de sable au fond des sacs et surtout beaucoup de questions nouvelles.

    Madagascar nous aura appris à regarder autrement. Maurice nous aura appris à regarder où nous mettons les pieds. La Réunion nous aura appris qu’on peut trouver un médecin, un kiné, un volcan, un temple, une tortue géante, du cari et du rhum arrangé dans un rayon finalement assez raisonnable.

    Quant à Bérangère… Elle rentrera peut-être avec sa botte.

    Jean-Pierre, lui, rentrera avec ses chaussures usées de running.

    Dans un couple, chacun choisit ses souvenirs.

    Une page se tourne donc. Madagascar s’éloigne géographiquement. Mais certainement pas humainement.

    Et « ensembleamadagascar, devenu ARYLAB, ne s’arrête pas avec le retour. Car après avoir beaucoup voyagé, observé, prié, rencontré, enseigné, accompagné, parfois douté, souvent ri et énormément appris, une nouvelle question se pose désormais :

    Que faisons-nous de tout ce que cette année nous a appris ?

    La réponse se trouvera sur ARYLAB !

    À très bientôt dans l’Hexagone !

    Bérangère & Jean-Pierre

    PS : si quelqu’un connaît un bon kiné en Vendée, nous prenons les coordonnées. Par prudence

  • ARYLAB – Miara-manova fijery

    ARYLAB – Miara-manova fijery

    Ensemble, changeons de regard.

    Il existe des voyages dont on rapporte des objets, d’autres dont on rapporte des photographies. Et puis ,il y a ceux qui vous rapportent un regard nouveau qui n’encombre pas les valises.

    Pendant près de 300 jours, nous avons vécu à Madagascar. Nous y sommes venus pour enseigner, former, accompagner. Nous en repartons avec bien plus que cela : des visages, des sourires, des questions, des amitiés… et une profonde gratitude envers nos hôtes au premier rang desquels la congrégation des Soeurs de l’Assomption.

    Chaque photographie publiée est un fragment de cette aventure. Derrière chaque image se cache une histoire : un enfant qui ose prendre la parole en français, une communauté qui ouvre sa porte, une école qui fête son centenaire, un taxi-brousse dans lequel il y a toujours une place supplémentaire possible, un éclat de rire partagé, une poignée de main, un regard qui dit parfois davantage que les mots.

    Ces images ne cherchent pas à raconter notre mission, elles racontent surtout la richesse de la rencontre.

    Nous avons découvert que l’on ne change pas un pays en quelques mois. En revanche, un pays peut profondément changer la manière de regarder le monde.

    Nous espérons que ce reportage photographique vous donnera, à votre tour, l’envie de voyager autrement : avec curiosité, humilité et confiance.

    Et si ces images font naître chez vous une réflexion, une envie de former autrement, de faire grandir l’intelligence collective ou de vivre une expérience inspirante dans votre établissement, votre association ou votre organisation, alors cette aventure continuera bien au-delà de Madagascar.

    C’est précisément l’ambition d’ARYLAB : transformer les expériences vécues en occasions d’apprendre, de relier les personnes et d’ouvrir de nouveaux horizons.

    📸 Le reportage photographique est à télécharger ci-dessous.

    Prenez le temps de le parcourir…et de donner votre avis sur ensembleamadagascar.blog, sur LINKEDIN, sur FACEBOOK…

    Misaotra. Bérangère & Jean Pierre

  • La poubelle et le jeu de dominos.

    La poubelle et le jeu de dominos.

    L’autre jour, en observant la cour du collège, je me suis fait une réflexion.

    Il était 09h30. Les élèves sortaient bruyamment des classes. Ils dévalaient les escaliers, ils couraient, se précipitaient vers les toilettes, achetaient leurs gouters puis certains jouaient au basket, d’autres discutaient. Quelques-uns jetaient leurs papiers dans les nouvelles poubelles jaunes. D’autres les contournaient soigneusement.

    En observant les élèves du collège Saint Joseph AMBOHIMAHASOA utiliser ou non les nouvelles poubelles, je me suis demandé comment naissaient les habitudes collectives. Comment ont-ils appris ce geste de propreté ?

    Pas forcément avec des mots, par l’exemple.

    Dans beaucoup d’organisations, nous aimons parler de projets, de règlements, de stratégies ou de plans d’action. Pourtant, ce qui marque le plus les personnes, ce n’est pas toujours ce qui est écrit dans les documents. C’est ce qu’elles voient vivre au quotidien.

    Chacun de nous a déjà rencontré des responsables qui demandaient l’écoute sans réellement écouter, d’ailleurs, ils n’écoutaient pas la réponse à la question posée. D’autres réclamaient la confiance… tout en contrôlant tout. D’autres encore s’invitaient au dialogue… mais dont chacun savait qu’il valait mieux se taire.

    À l’inverse, nous avons tous eu la chance de croiser des femmes et des hommes qui n’avaient pas besoin de grands discours. Leur simple manière d’être apaisait et donnait envie de s’engager.

    Leur secret ? Ils n’étaient pas devant les autres pour être craints, ils étaient avec les autres pour les faire grandir.

    C’est là que j’ai compris quelque chose d’essentiel :

    Une organisation ressemble souvent davantage à son dirigeant qu’à son projet d’établissement.

    • Le chef arrive en retard…………………. le retard devient acceptable.
    • Le chef critique …………………………… la critique se répand.
    • Le chef encourage ……………………….  l’encouragement circule.
    • Le chef fait confiance …………………..  les initiatives fleurissent.
    • Le chef a peur ………………………………la peur voyage plus vite qu’un courriel.

    Les effets du leadership ressemblent parfois à un jeu  de dominos :

    • Le responsable influence les collaborateurs.
    • Les collaborateurs influencent les jeunes.
    • Les jeunes s’influencent entre eux.

    Et, sans que personne ne s’en aperçoive vraiment, une culture se construit.

    Alors, lorsque je pars à la rencontre d’une nouvelle organisation, je dépasse le stade des apparences. Les murs peuvent être fraîchement peints, les cérémonies parfaitement organisées, les photos magnifiques. Une question demeure :

    Ce qui se voit est-il le reflet de ce qui se vit ?

    Au fond, la différence entre l’autorité et l’autoritarisme tient peut-être en quelques mots.

    • L’une suscite l’engagement vs l’autre obtient la soumission.
    • L’une développe les talents vs l’autre les met sous surveillance.
    • L’une fait grandir, L’autre fait obéir.

    Bien sûr, une organisation ne dépend jamais uniquement de son responsable. Son histoire, sa culture, ses équipes, ses contraintes jouent également un rôle. Mais le leader agit souvent comme un révélateur ou un amplificateur.

    J’aime beaucoup cette image attribuée à Nelson Mandela :

    « Le bon berger reste (souvent)  derrière son troupeau. »

    Il n’a pas besoin d’être au centre de toutes les photos, il veille, il encourage, il ouvre le chemin et il sait parfois s’effacer.

    Finalement, la question n’est peut-être pas :

                          « Quel est le style de leadership développé ? »

    Mais plutôt :

    « Que deviennent les personnes qui vivent sous la responsabilité de ce profil de leader ? »

    La prochaine fois que je traverserai la cour du collège, je regarderai peut-être moins les poubelles que les adultes qui les entourent. Car les enfants apprennent rarement ce que nous leur demandons de faire. Ils apprennent surtout ce qu’ils nous voient vivre.

    ttccoaching – J-Pierre B-

    ensembleamadagascar.blog

  • Y’a quelqu’un ?

    Y’a quelqu’un ?

    TANTARA VATO

    Des psy en cailloux .

    A Ambohimahasoa, sur  les Hautes Terres rouges  de Madagascar, vivait une jeune fille nommée Soa. Comme beaucoup d’enfants du village, Soa ne possédait ni poupée, ni jouet sophistiqué. Mais cela ne la rendait pas malheureuse. A chaque récréation, derrière le bureau de la Sœur directrice, à l’abri des regards, elle retrouvait ses amies pour jouer au Tantara vato.

    Dans sa poche de tablier bleu, Soa conservait précieusement ses personnages :

    • une pierre blanche pour la grand-mère,
    • une pierre noire pour le chef du village,
    • une pierre rouge pour sa meilleure amie.

    Lorsqu’elle voulait faire parler ses personnages, elle frappait doucement deux pierres l’une contre l’autre :

    Tac… tac…et aussitôt les voix naissaient.

    Un jour, à la récréation du matin, alors que Soa se sentait triste sans trop savoir pourquoi, elle prit les pierres et s’installa seule sur les marches du bâtiment. Elle choisit la pierre rouge.

    Tac… tac…

    • Je suis contente aujourd’hui, dit la fillette.

    Soa s’arrêta.

    • Non, murmura-t-elle. Ce n’est pas vrai.

    Elle recommença.

    Tac… tac…

    • Je suis triste aujourd’hui, puis elle prit la pierre blanche.

    Tac… tac…

    • Pourquoi es-tu triste, mon enfant ?

    Soa réfléchit.

    • Parce que personne ne m’écoute.

    La pierre blanche répondit :

    • Es-tu certaine ? Ou bien n’as-tu pas encore trouvé les mots ?

    La petite fille resta silencieuse. A la récréation de l’après-midi, elle revint.

    Cette fois, elle prit la pierre noire.

    Tac… tac…

    • Que fais-tu quand ton cœur est lourd ? demanda la fillette rouge.

    Tac… tac…

    • Je parle à quelqu’un de confiance.
    •  Et si personne n’est disponible ?
    •  Alors je parle aux pierres jusqu’à ce que mes pensées deviennent claires.

    Soa sourit. Elle avait l’impression que les pierres lui répondaient vraiment. Les jours passèrent.

    Chaque jour, elle inventait des histoires.

    Parfois la fillette rouge se mettait en colère.

    Parfois la grand-mère demandait pardon.

    Parfois le sage avouait qu’il ne savait pas tout.

    À travers ses personnages, Soa racontait ses peurs, ses rêves, ses joies et ses déceptions. Sans le savoir, elle apprenait à s’écouter.

    Un soir, sa mère, Soa ne rentra pas après la classe. Sa maman  la trouva sous un énorme baobab.

    • À qui parles-tu ?

    Soa montra ses pierres.

    •  À elles.

    Sa mère éclata de rire.

    •  Et que te disent-ils ?

    La jeune fille réfléchit puis répondit :

    •  En réalité, ils m’aident à entendre ce que je pense déjà.

    Sa mère s’assit à côté d’elle.

    •  Alors ce ne sont pas les pierres qui sont magiques.
    • Non.
    • C’est ton imagination ?
    • Pas seulement.
    • Alors quoi ?

    Soa regarda ses petits cailloux alignés devant elle.

    • Quand une pierre parle, personne ne se moque d’elle. Alors chacun peut dire la vérité.

    Sa mère resta un moment silencieuse. Puis, elle prit une petite pierre et la fit tinter contre une autre.

    Tac… tac…

    • Puis-je jouer avec toi ?

    Soa sourit.

    • Bien sûr.

    Avec les pierres, les disputes trouvent souvent une solution, les chagrins deviennent plus légers, les rêves, plus grands.

    Et les anciens disaient parfois en souriant :

    « Les pierres ne guérissent pas les cœurs, elles leur donnent simplement la parole. »

  • Se former pour transformer !

    Quand la formation devient une aventure collective internationale

    Comment former autrement ?

    Comment transmettre sans se contenter de parler ?

    Comment permettre à chacun de devenir acteur de sa propre transformation ?

    avec « ensembleamadagascar », nous sommes convaincus qu’une formation réussie ne se résume pas à une succession de diapositives ou d’apports théoriques. Elle doit être vécue, ressentie et expérimentée.

    C’est dans cet esprit que Bérangère et Jean-Pierre ont récemment animé une session de formation au noviciat de Fianarantsoa.

    Pour relever ce défi, avec l’aide de Soeur Louisette, maîtresse des Novices, nous avons mobilisé trois leviers puissants :

    🎨 La facilitation graphique, pour rendre visibles les idées au-delà des langues, les liens et les prises de conscience.

    🎵 La musique, pour créer une dynamique, favoriser l’expression et mobiliser les émotions.

    💡 Le Design Thinking, pour placer les participants au cœur de la réflexion et construire des solutions adaptées à leur réalité.

    Au fil des échanges et prenant appui sur les 4 pieds de l’écologie intégrale du Pape François, les murs se sont couverts de dessins, de symboles, de mots-clés et de questions essentielles :

    • Ma relation à moi-même ;
    • Ma relation aux autres ;
    • Ma relation à Dieu ;
    • Ma relation à la création.

    Peu à peu, la formation est devenue un espace de créativité, d’écoute et d’engagement.

    Les participants n’ont pas seulement reçu des contenus.

    Ils ont réfléchi, partagé, expérimenté, construit et imaginé.

    Car former, ce n’est pas remplir un vase, c’est aider chacun à découvrir les ressources déjà présentes en lui.

    Chez ttccoaching, nous accompagnons les établissements scolaires, congrégations, associations et organisations qui souhaitent développer :

    ✅ l’intelligence collective ;

    ✅ l’autonomie et la responsabilité ;

    ✅ la coopération ;

    ✅ la créativité ;

    ✅ l’engagement des équipes ;

    ✅ une pédagogie active et porteuse de sens.

    La transformation commence souvent par une simple question :

    Et si nous apprenions autrement ?

    Jean-Pierre Bonnet – ttc coaching

  • Avant hier, aujourd’hui, après demain …

    Avant hier, aujourd’hui, après demain …

    100 ans d’éducation à Ambohimahasoa

    Du 28 au 30 mai 2026, le Collège Saint Joseph d’Ambohimahasoa a célébré son centenaire. Trois jours de fête, de mémoire, de foi et d’espérance pour rendre hommage à celles et ceux qui ont construit cette œuvre éducative depuis 1926. Entre célébrations, témoignages, danses locales , rencontres et regards tournés vers les générations futures, retour sur un événement exceptionnel.

    Un siècle d’histoire ne se résume pas à quelques dates. Il se lit dans les visages des élèves, dans l’engagement des Sœurs de l’Assomption, dans les souvenirs des anciens et dans l’espérance portée par toute une communauté éducative.

    Découvrez également la vidéo de l’ouverture du centenaire :
    https://www.youtube.com/watch?v=5DS1cND1zY

  • Joyeux anniversaire

    Joyeux anniversaire

    En France comme à Madagascar, les fins d’année scolaire riment avec fêtes.

    À quelques jours du grand week-end du centenaire du collège Saint Joseph d’AMBOHIMAHASOA, l’établissement se prépare à vivre un moment exceptionnel de mémoire, de gratitude et de joie partagée.

    Comme en France, les mois de mai et de juin à Madagascar sont souvent synonymes de célébrations : spectacles de danse, remises de diplômes, anniversaires, rassemblements d’anciens élèves, chants, retrouvailles et émotions. Mais ici, à Saint Joseph, cette fête prend une dimension toute particulière : celle de cent années d’éducation, de transmission et d’espérance.

    Les panneaux photographiques réalisés pour l’exposition retracent une véritable aventure humaine : les premiers missionnaires, les religieuses directrices au fil des générations, les anciennes classes, les grands rassemblements, les portraits d’élèves d’hier et d’aujourd’hui, les activités pédagogiques mais aussi les engagements pour l’environnement et la vie collective.

    À travers ces visages, ces uniformes, ces sourires et ces souvenirs, c’est toute une histoire qui se raconte : celle d’un collège de la congrégation des Sœurs de l’Assomption  profondément enraciné dans la vie d’AMBOHIMAHASOA.

    Ces photographies rappellent une évidence : l’école ne transmet pas seulement des savoirs. Elle construit des liens, des souvenirs, une identité et parfois même une famille.