
Ambohimasoha – Madagascar
Mercredi 19 novembre, 1 heure de cours, puis j’ai le choix de me rendre au stade avec les élèves de 4ème ou rejoindre un groupe dont on m’a souvent parlé.
Je choisis la seconde option.
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Il est à peine huit heures quand le sentier rouge et caillouteux se met à vibrer sous les pas d’une ribambelle d’enfants. Des rires, des bonjours respectueux, des éclats de voix. Quelques -uns ont déjà marché six kilomètres. Tous avancent pourtant avec la même énergie joyeuse de retrouver l’école.
À quelques centaines de mètres du collège Saint Joseph, un bâtiment aux murs simples accueille 3 fois par semaine une cinquantaine d’enfants. Trois jours qui changent leur semaine. Trois jours portés par l’infatigable Sœur Madeleine et Sœur Emilienne : lire, écrire, compter… sans oublier de rendre grâce.
Ce matin-là, le « vazaha », l’étranger—c’est-à-dire moi—est observé avec une curiosité mêlée de malice. Puis des sourires se dessinent, irrésistibles.
Saniry, 6 ans,
Versoa, 14 ans,
Anicra, et tous les autres, m’accueillent d’un tonitruant :
— Bonjour Monsieur, comment ça va ?
Une salle, deux tableaux, deux mondes, un même élan… APPRENDRE !
Dans la petite salle, la pédagogie se réinvente chaque minute.
À gauche : l’alphabet pour les plus jeunes, les lettres tracées avec application.
À droite : les plus grands alignent les nombres avec une concentration qui force l’admiration.
Sœur Madeleine, seule ce jour-là, armée de son bâton, passe d’un groupe à l’autre avec une patience et une autorité qui semblent inépuisables. Ici, l’école ne se conjugue jamais au singulier : c’est un acte de foi, un engagement, presque un don de soi.
L’heure de la récréation arrive.
Les garçons, vifs comme l’éclair, improvisent un match de foot – ce langage universel que rien n’arrête, pas même les disputes. Pieds nus, c’est parti pour une rencontre âprement disputée.
Les filles s’assoient un peu plus loin, attrapent quelques cailloux et en font des osselets. Leurs gestes sont précis, gracieux, virtuoses.
J’essaie d’imiter.
Je rate.
Éclat de rire général.
Retour en classe et temps d’apprentissage du français, 2nde langue officielle, avec l’aide de JEAN PETIT qui DANSE : vocabulaire lié au corps.
En fin de matinée, le groupe se dirige vers la Communauté Saint Joseph.
Deux mamans préparent depuis le début de la matinée des marmites de riz et quelques plats de pâtes.
Le riz du jour a été offert par Anne et Timothé, nos prédécesseurs dans cette mission.
Le silence se fait pendant le repas. On savoure, peut-être le seul repas de la journée, me souffle , sœur Madeleine.
C’est peu, mais c’est beaucoup.
Puis les enfants se relèvent et reprennent, pieds nus, la longue route vers leurs villages.
Et pendant ce temps, en France…
On débat, on s’indigne sur la bonne méthode de lecture, sur la place de l’IA à l’Ecole, on s’agace parfois pour des choses qui paraissent bien dérisoires vues de MADAGASCAR.
Ici, à Ambohimahasoa, un crayon suffit pour donner du courage.
Une lettre suffit pour ouvrir un horizon.
Un sourire suffit pour donner envie de découvrir le monde… ambition de nombreux jeunes !
Et une phrase, inscrite dans la mémoire, résonne plus fort que jamais :
« Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez. »
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Merci de marcher avec nous.
Bérangère et Jean Pierre



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