A MAURICE : regarder où nous mettons les pieds !
A LA REUNION : regarder où sont les médecins.




Nous étions partis nous refaire une santé, c’était l’idée !
Un projet simple, raisonnable, presque médicalement recommandé : après neuf mois à Madagascar, quelques milliers de kilomètres sur des routes parfois créatives, une année scolaire bien remplie et une dernière descente de la très chère RN7, nous allions prendre deux mois pour récupérer : repos, soleil, baignades, apéro. Un peu de sport pour Jean Pierre et beaucoup de fruits pour Bérangère.
Bref, pour revenir en France métropolitaine le 26 août frais, dispos et pleins de souvenirs à partager. C’était sans compter sur Bérangère et sur un trou.
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19 juin : « Veloma Ambohimahasoa ! »
Le 19 juin 2026, nous quittions en 4×4 la communauté Saint-Joseph d’Ambohimahasoa et les Sœurs de l’Assomption pour nos derniers kilomètres sur la N7, pas celle de la route des vacances en France. Nous nous séparons en promettant de nous retrouver.
Après neuf mois à Madagascar, nous étions devenus parfaitement adaptés : un nid-de-poule ne nous faisait plus ralentir, une coupure d’électricité ne provoquait plus aucune émotion et la citation de Marie Eugénie « C’est Dieu qui conduit tout ! » avait pris chez nous une grande profondeur.
Direction Fianarantsoa pour 2 nuits, puis Tananarivo avant d’embarquer pour un premier vol à destination de NOSY BE.
À ce stade, nous avions davantage de cartes d’embarquement que de chaussures en bon état à nous mettre.
Le programme était magnifique : Nosy Be, Maurice, La Réunion, avant le grand retour vers ce que les Réunionnais préfèrent appeler «l’Hexagone » plutôt que la métropole.
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Maurice : et soudain… PATATRAS !
Arrivée à l’aéroport de Maurice de nuit.
La ville de Trou-aux-Biches, au nom prédestiné, nous attend.
La mer turquoise nous attend, les poissons nous attendent, le transat aussi.
Mais avant tout cela… un trou attend Bérangère.
Quelques minutes après notre arrivée sur notre lieu d’hébergement, dans l’obscurité, les fameuses valises à la main, un pied au mauvais endroit. Et là, patatras.
Diagnostic de « coach J-P.» : ça n’a pas l’air terrible, ça va passer avec des bains d’eau de mer. C’est ce que disait « pépé ». Le vrai diagnostic sera un peu moins optimiste : entorse sévère avec double rupture ligamentaire.
Bérangère au repos et Jean-Pierre au petit soin, au moins au début… puis : course à pied, snorkeling, exploration du lagon, poissons multicolores, tortues, parcs animaliers, crocodiles.
Nous avons également croisé une tortue géante dont la vitesse de déplacement était, reconnaissons-le, assez proche de celle de Bérangère avec sa botte.
Maurice : quelques détours par l’hindouisme
Notre séjour fut aussi l’occasion de découvrir davantage la culture hindoue, ses temples, ses rites et ses représentations. Après dix mois dans un pays où la foi chrétienne avait accompagné une grande partie de notre quotidien, changement de décor : Shiva, Ganesh, Hanuman, Vishnu…
Des couleurs éclatantes, des fleurs, des offrandes, des statues, des parfums, des gestes dont nous ne comprenions pas toujours immédiatement la signification. Mais toujours cette même conviction qui nous accompagne depuis notre départ de France :
voyager, c’est aussi accepter de ne pas tout comprendre.
Regarder, écouter, questionner (surtout Jean Pierre).
Puis La Réunion : deuxième étape de notre cure thermale sans thermes
Saint-Gilles-les-Bains, l’Hermitage, studio au Mont Roquefeuille avec vue sur l’océan Indien qui ne nous quitte plus. Et un objectif inchangé : nous refaire une santé avec l’apparition d’un nouvel accessoire indispensable à la garde-robe tropicale 2026 :
la botte orthopédique rigide, très tendance, particulièrement seyante avec une robe couleur turquoise pais peu pratique pour le snorkeling dans un océan aux forts courants.
Nous avons d’ailleurs rapidement constaté qu’une botte orthopédique présente un défaut majeur : elle propulse beaucoup moins bien qu’une palme.
Notre séjour destiné à « nous refaire une santé » venait donc officiellement de commencer.
Puisque Bérangère avait inauguré le parcours médical, nous avons décidé de faire les choses sérieusement pour chacun de nous : check-up post-Madagascar : prises de sang, analyse d’urine, consultations, kinésithérapie… et coiffeur (pour Bérangère) !
Et là, une question nous est revenue : Mais où sont passés tous les médecins de la région Centre-Val de Loire ? Nous les avons retrouvés, ils sont à La Réunion.
Bon… scientifiquement, c’est légèrement exagéré. Mais seulement légèrement !
L’ARS de La Réunion souligne elle-même l’attractivité de l’île pour les professionnels de santé. Elle comptabilise notamment 145 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 133 en métropole. Et du côté des professions paramédicales, l’écart devient spectaculaire : 464 professionnels pour 100 000 habitants contre 305 en France entière.
Conclusion de notre étude scientifique expresse menée depuis notre PC : si vous cherchez un généraliste, un kiné et le soleil en même temps, La Réunion mérite réflexion, parlez-en à votre médecin traitant si vous en avez un/une !
Et si vous êtes médecin et que vous lisez cet article… restez quand même en métropole, on a besoin de vous.
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Le Maïdo : « Regardez vite ! »
Impossible évidemment de séjourner à La Réunion sans prendre de la hauteur : direction le Maïdo.
Le principe est simple : vous montez (en voiture), vous admirez, un nuage arrive, vous ne voyez plus rien, le nuage repart, vous vous précipitez sur l’appareil photo, un autre nuage arrive.
La montagne réunionnaise nous a ainsi offert une remarquable formation accélérée à la gestion de l’incertitude. Une compétence très utile en management de projet. ARYLAB valide.
Et lorsqu’entre deux nuages le cirque se dévoile enfin…Silence. Cette fois, même pas de blague.
C’est immense !
Et puis il y a les rencontres…
Parce qu’un voyage ne se résume jamais aux paysages.
Nous avons retrouvé Philippe et Marie-Christine, directeur diocésain du lieu et son épouse, que JP avait déjà rencontré dans les formations UGSEL, puis RDV avec Claire, expatriée ligérienne. On parle de La Réunion, de Madagascar, d’éducation, de nos expériences respectives, de l’avenir, de l’hexagone. Et, curieusement, après quelques mois loin de France, les conversations prennent une autre couleur.
Peut-être parce que nous avons changé de regard.
Peut-être aussi parce qu’elles sont parfois accompagnées d’un rhum arrangé.
Rhum arrangé, cari et médecine préventive
Car il serait malhonnête de réduire notre séjour réunionnais aux analyses médicales. Nous avons aussi étudié très sérieusement la gastronomie locale : le cari, le riz, les épices, les fruits après un MAC D. de PORT LOUIS.
Et donc, avec modération évidemment, le rhum arrangé.
Nous ne savons pas encore si celui-ci apparaît dans les recommandations officielles du ministère de la Santé.
Nous avions dit : « Après Madagascar, on coupe. » « On se repose. » « Deux mois sans penser à l’éducation. », très bonne résolution. Elle aura presque tenu.
Car ce samedi 22 août, quelques jours seulement avant notre retour, nous avons participé à la messe de rentrée de l’Enseignement catholique de La Réunion présidé par Mgr CHANE TENG qui a appuyé son homélie sur les axes de l’EC diocésain : « Prophète dan nout’peï » et le livre d’Etienne GRENET « DIEU AGIT ». Certains visitent les musées. D’autres collectionnent les plages. Nous, manifestement, nous rencontrons l’EC. Chacun son tourisme.
26 août : cap sur l’Hexagone
Et voilà.
Le 26 août prochain, après demain, sauf intervention d’un cyclone, d’un ligament, d’un trou mal placé ou d’une compagnie aérienne créative, nous reprendrons l’avion.
Direction la France métropolitaine, pardon, l’hexagone.
Nous étions partis il y a près d’un an avec des valises pleines de projets. Nous revenons avec quelques kilos supplémentaires de souvenirs, des milliers de photos, des rencontres impossibles à comptabiliser, une botte orthopédique, probablement quelques grains de sable au fond des sacs et surtout beaucoup de questions nouvelles.
Madagascar nous aura appris à regarder autrement. Maurice nous aura appris à regarder où nous mettons les pieds. La Réunion nous aura appris qu’on peut trouver un médecin, un kiné, un volcan, un temple, une tortue géante, du cari et du rhum arrangé dans un rayon finalement assez raisonnable.
Quant à Bérangère… Elle rentrera peut-être avec sa botte.
Jean-Pierre, lui, rentrera avec ses chaussures usées de running.
Dans un couple, chacun choisit ses souvenirs.
Une page se tourne donc. Madagascar s’éloigne géographiquement. Mais certainement pas humainement.
Et « ensembleamadagascar, devenu ARYLAB, ne s’arrête pas avec le retour. Car après avoir beaucoup voyagé, observé, prié, rencontré, enseigné, accompagné, parfois douté, souvent ri et énormément appris, une nouvelle question se pose désormais :
Que faisons-nous de tout ce que cette année nous a appris ?
La réponse se trouvera sur ARYLAB !
À très bientôt dans l’Hexagone !
Bérangère & Jean-Pierre
PS : si quelqu’un connaît un bon kiné en Vendée, nous prenons les coordonnées. Par prudence


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